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"Les Dieux, les Déesses, les créatures et leurs engendrés sont tombés. Tous, les uns après les autres, ils ont été condamnés par l'humanité pour les crimes qu'ils avaient commis. Enfermés dans une prison taillée spécialement pour eux, ils sont désormais sous la surveillance des humains afin de s'assurer qu'ils ne seront plus une menace pour personne.
Chacun des prisonnier se voit confié à une escouade humaine chargée de le surveiller; le remettre dans le droit chemin. Vont-ils arriver à faire de ces monstres des pièces indispensables au monde de demain? Telle est la question…”La suite

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Soleil de plomb - La capture d'Arès

Arès
Dieu Grec de la Guerre
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Date d'inscription : 07/09/2018
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Soleil de plomb - La capture d'Arès Mar 9 Oct - 22:37

La chaleur africaine collait aux soldats, la transpiration rendait leur peau luisante sous le soleil de Somalie. Arès contempla les jeunes garçons à ses côtés, à peine sortis de l’adolescence, le visage crasseux criblés de boutons et d’écorchures et les traits tirés par la fatigue. Aculés contre un vieux bâtiment décrépi, terrés derrière un muret, serrant contre eux leurs antiques kalachnikovs, prêts à mourir ici. Mais les cinq hommes à ses côtés faisaient sa fierté, ils ne sanglotaient pas sur leur sort, pas plus qu’ils ne se laissaient abattre. Non, à la place ils s’apprêtaient à en découdre, recommandant une dernière fois leurs âmes à leur dieu et jetant des regards en coin au blanc bloqué avec eux. Aucun ne se rendait compte que la seule personne qui jugerait de leurs existences était déjà à leurs côtés, et ce depuis plusieurs jours. Il tira sa bandoulière et posa sa ceinture de grenades à ses côtés. Ses petits gars s’étaient bien comportés, alors il leur donnerait un dernier carré avant de les quitter, qu’ils partent en beauté.

      Aboubakar lui tendit un vieux paquet de cigarettes à moitié déchiqueté, récupéré sur un cadavre, le dieu tira une des roulés et l’alluma au briquet que lui donnait Selim. La fumée acre s’infiltra dans ses poumons, sans effet, mais ça leur donnait confiance de voir leur étrange camarade tirer une taffe comme eux. Il passa entre eux, leur donnant des petites tapes réconfortantes sur l’épaule, leur disant de ne pas s’inquiéter et de profiter de cet instant. Au contact de sa paume, tous sentirent l’adrénaline monter en eux, leur vision se fit plus précise, la fatigue s’évinça en laissant la place à une excitation intense, leurs gestes se firent plus confiants. La mort ne les effrayait pas le moins du monde.

          Arès sourit en voyant ses protégés se gorger ainsi de son pouvoir, la fierté l’emplit de sa chaleur familière. Au loin la fumée montait toujours plus haut, et les tirs se rapprochaient, les soldats braquaient des regards nerveux sur les blocs en face d’eux, leurs yeux injectés de sang braqués dans les viseurs. Akim fut le premier à les apercevoir, émergeant d’une ruelle, sa bouche se crispa macabrement et il pressa la gâchette avec assurance, abatant l’homme de tête. Chacune de ses balles touchait sa cible, un milicien après l’autre, rapidement une demie douzaine de cadavres gisaient dans la poussière. Des acclamations remplirent l’air, puis un projectile fit gicler la cervelle du gamin, aspergeant les autres d’esquilles d’os et de sang. Une soif de sang irrépressible monta en eux à la vue de leur ami mort. Leur haine devint palpable, comme un seul homme ils réagirent, se mettant en position pour venger leur camarade.
     

          De l’autre côté de la rue des gars s’installaient dans les immeubles, crasseux, mal armés, incapables, mais drôlement nombreux. Ils criaient de façon désordonnée en se mettant en place, des ordres incompréhensibles résonnaient dans l’atmosphère étouffante de Mogadiscio. Les garçons abattaient tous ceux qui avaient eu l’imprudence d’avancer à découvert. Lui aussi ouvrit le feu, déversant sa rage sur les pouilleux qui lui faisaient face. A côté de lui, Aboubakar s’effondra, agonisant avec une volée de chevrotines dans le torse. Sa respiration se fit rauque, juste un râle de douleur appelant le dieu pour lui livrer ses derniers mots.
« Viens ici jir, s’il-te-plait.
- Garde ton souffle pour la suite petit.
- Non »
sa voix se ramenait alors à un grognement presque imperceptible, ses yeux fixaient le ciel « je sais ce que tu es, je te vois comme tu es vraiment maintenant. Merci d’avoir veillé ainsi sur nous, ilaaha, je n’aurais pas pu espérer meilleur témoin de ma mort. Accorde juste moi un dernier vœu.
- Je le ferai si c’est dans mes moyens.
- Juste que tu répondes à ma question. Ai-je été un bon soldat ? Les portes du paradis s’ouvriront elles pour moi ? »
la mélancolie emplit le vieux dieu, lui remémorant les centaines de fois où ce moment s’était répété. Sa propre voix se teint de compassion, souvenir de tant de garçons agonisants.
« Oui Aboubakar, tu as même été un des meilleurs. Je m’assurerai qu’on t’accueille comme il le faut.
-Merci ilaaha. Merci. »

     
   Son souffle s’arrêta net et ses yeux se firent vitreux, Arès les fermi avec respect. Il ne pourrait surement rien faire pour son âme, mais lui rendre les derniers hommages, ça c’était dans ses cordes.

         Des rafales de mitrailleuses sifflaient à ses oreilles et sous ses pieds la terre tremblait sous les secousses des grenades. Un autre gamin gisait par terre, une balle chanceuse lui avait percé le cœur. La rue ressemblait à un charnier, des corps désarticulés étendus de tous les côtés, des mourants hurlant de douleur et au-dessus de tout cela, l’odeur étouffante de la merde et du sang, s’infiltrant dans les narines, rendant l’atmosphère suffocante, le parfum de la mort. Ses deux derniers hommes commençaient à manquer de munitions, les chargeurs vides trônaient par paquets sur le sol, entourés de centaines d’étuis vides encore fumant. Sans s’en rendre compte, il avait tiré toutes ses cartouches, son fusil maintenant silencieux il saisit les grenades et sortit son kukri. Les garçons l’imitèrent, plaçant les baïonnettes sous leurs canons en échangeant des regards entendus, lourds de sens.

          Son cri déchira l’air, rugissement terrifiant semblable à un coup de tonnerre, puis les grenades détonèrent en soulevant un lourd nuage de poussière dans la rue. Elle leur collait à la peau, s’agrippant à la sueur, masquait leur vue, tapissait leurs poumons. Respirer devenait une tâche agonisante, une lutte pour inspirer une goulée d’air rance et vicié. Mais malgré tout cela, ils courraient à travers le voile poussiéreux, traversant la rue à toute allure. Un des gamins trouva un homme tapit derrières un lampadaire, terrifié, serrant son vieux fusil contre son corps en sanglotant. La baïonnette lui perça l’estomac, lui arrachant un gargouillis atroce avant de l’envoyer six pieds sous terre. La furie teignait les yeux luisants des gosses et s’échappait de leurs gorges en long hurlements de rage inhumaine. Plusieurs asseyant essayèrent désespérément de fuir, juste pour se faire rattraper par des fous furieux dopés par sa grâce divine. Leurs lames tranchaient, plantaient, découpaient avec violence, mordant sans relâche dans la chaire. Son kukri dégoulinait de sang, sa poignée rendue poisseuse par l’hémoglobine entrain de sécher.

      Ils s’engouffrèrent dans le champ de mort qu’était la ruelle, esquivant les rafales d’automatiques, puis zigzaguèrent entre les ruines en tuant toute personne qui osait s’interposer. Selim mourut au premier tournant, abattu par une mitrailleuse posée en embuscade. Les balles le projetèrent contre le mur, puis il s’affaissa comme un vieux sac de vêtement en laissant une trainée carmine sur le béton. Puis ce fut le tour de Mo, quelques immeubles plus loin, blessé par un shrapnel alors qu’il plantait un autre gamin.

         Mais même seul, Arès continua son ignoble besogne, sans précipitation. Avançant fièrement parmi les cadavres, assassinant les pauvres hères qui se trouvaient sur son chemin. Mais quelque chose clochait, leurs armes étaient trop neuves, leur coordination un peu trop bonne pour des hommes en bermuda et chemise de coton. Ce n’étaient pas des guerriers, pas comme les petits gars qui l’avaient suivi. Pourtant ils lui opposaient une résistance un peu trop bien minutée. Quelqu’un les avait armé et guidé jusqu’à lui, leur donnant des ordres, les plaçant sur son trajet. Ce qui voulait dire que quelque part, une personne essayait de l’amener quelque part. Bien, qu’il en soit ainsi, s’il désire me voir, il me verra, se dit le dieu de la guerre.

         Conscient du piège qu’on lui tendait mais bouillonnant d’une rage sourde, le dieu de la guerre suivit la piste tracée sous ses yeux. Les bâtiments passaient les uns après les autres, succession de vieux murs de bétons maculés de suie et criblés de trous de balles. Ce qui était autrefois des immeubles d’habitations commencèrent à laisser la place aux entrepôts, puis aux usines désaffectées. Il pénétra dans une vieille aciérie couverte de rouille, les morceaux ses vieux fourneaux gisant ça et là parmi les allées enténébrées. Plus aucun soldat ne le suivait, personne n’osait l’assaillir. Serait-ce donc ici que le fameux commanditaire l’attendait.

      Puisant parmi sa nature divine, il haussa la voix à des niveaux surhumains, se faisant entendre à travers l’usine pourrissante.

« Allez, je sais que tu es ici chacal, sors de ta cachette ! Montre-toi !
-Eh bien je ne t’aurais pas cru si facile à trouver. »
      Une silhouette en tenue de combat émergea des ténèbres, se faufilant entre deux cheminées de briques affaissées. Mais même parmi les ombres, son visage familier le trahissait.

« Tu as tué cinq de mes gars Joseph, bien sur que j’allais pointer le bout de mon nez.
-Oh oh, tu serais vexé Arès, ou préfères-tu que je t’appel Pierre, comme au bon vieux temps.
-Non, je n’ai pas de raisons de me cacher aujourd’hui. Alors comme ça tu as rejoint leurs rangs. Tu t’es vendu.
-Eh oui, il faut dire qu’on ne vit pas très bien avec une pension de vétéran, et les médailles ne remplissent pas vraiment l’assiette.
-Mieux vaut un ventre vide et un cœur honorable qu’une panse pleine et une âme de traitre.
-Parce que laisser crever tes hommes c’était tellement honorable, n’est-ce pas lieutenant ?
-Ils sont morts en héros, c’est tout ce qu’ils pouvaient espérer, je n’aurais rien pu faire pour eux.
-C’est vrai, après tout tu n’es qu’un dieu, sauver quelques hommes est en dehors de tes capacités. »

      Une haine sourde perçait le voile de railleries de son ancien subordonné, une colère nourrie de chagrin et attisée par des années d’amertume ressassée.

« Mais il faut dire que laisser mourir ses amis c’est une de tes habitudes. Après tout, tu fais ça depuis l’époque du Colysée.
-N’abuse pas de ma patience Joseph, je pourrais encore t’écorcher vivant.
-Mais tu ne le feras pas, car il y a une bien meilleure façon de régler tout ça. Après tout, je suis un chasseur, tu sais pourquoi je suis ici.
-Alors que proposes-tu ?
-Un duel, toi contre moi. A armes égales, à l’épée ! »

      Le vieux soldat tira deux courts glaives, des copies des vieux xiphos qu’utilisait Arès dans sa jeunesse, ainsi qu’une cordelette de métal noir, totalement placide dans l’air sans vent de l’aciérie.

« Envois moi ton lien, puis l’épée. Si tu gagnes je te suivrais, si je gagne, je prends ta vie, ça devrait se valoir.
-Et si je gagne, tu accepteras que tu aurais dû rester avec nous plutôt que de nous fausser compagnie.
-D’accord, Joseph, si ça te fait plaisir. Envois ta saloperie de ruban. »
   
  Le nihil le brula légèrement lorsqu’il l’appliqua sur son biceps. L’alliage surnaturel lui collait à la peau, suçant sa force hors de son corps, le rendant fiévreux, mais il n’allait pas se laisser faire pour autant. Il déposa son altyn de titane au sol et se défis de son vieux pare balle soviétique, ne laissant que son tshirt trempé de sueur. Son adversaire l’attendait, arme fermement en main, à quelques mètres à peine de lui. Sans autre signal qu’un faible grognement, ils s’élancèrent l’un contre l’autre.

      Leurs glaives s’entrechoquaient alors que chacun déviait les assauts de l’autre. Arès repoussait sans relâche l’humain, l’acculant petit à petit contre un mur maculé de suif. Pourtant aucune de ses attaques ne portait, ses estocs rapidement déviés, et ses tailles trop faibles pour repousser complétement la garde. Il se sentait lent, avançant dans une atmosphère huileuse, chaque mouvement trop lourd à son goût. Quant à l’homme, il se défendait comme un lion, frappant avec l’énergie du désespoir. Ce combat comptait trop pour lui pour le perdre si facilement.

      Adossé au mur, il se laissa tomber avec une rapidité qui étonna le dieu, envoyant ses jambes dans celles du surhomme, il le fit tomber lourdement. Puis dégainant une fine lame de nihil, il taillada dans le ventre du surhomme, le tranchant courbe dégageant les tripes qui vinrent s’écraser sur le sol. Arès hurla de douleur et de surprise, jamais il n’aurait attendu une telle traitrise, même de la part du lésé.

      Joseph se releva pour contempler son ancien mentor, étendu sur le sol, ses boyaux à l’air, un ichor doré se répandant à la place du sang. Il plongea son regard dans celui du dieu, n’y trouvant qu’indignation. Arès peinait pour articuler chaque mots, haletant douloureusement, pourtant il parla d’une voix méprisante.
« Je te prenais pour un homme, mais tu n’es qu’un chien. Argos avait plus d’honneur que toi, lui au moins a vécu pour son maître, mais toi tu ne vis pour rien, raclure. J’ai vu des hommes, des vrais, et tu n’en fais pas partie. C’est pour ça que tu n’es pas mort avec eux, ils avaient de la fougue, du panache, toi tu n’as rien, rien que ta misérable vie. Alors tues moi, ou traines moi jusqu’à ta prison. Mais jamais tu n’effaceras cette traitrise. J’aurais dû te tuer lorsque j’avais l’occasion.
-Tu as raison monstre, je ne suis qu’un chien, un chien de chasse. Et aujourd’hui je n’ai plus de maître que moi-même.
-Si tu tiens tellement à ton titre de chien, prend en au moins le nom. Tu sais quoi, certains chasseurs prennent le nom du dieu qu’ils ont capturé, mais ce serait trop d’honneurs pour toi. Alors moi je vais t’en donner un nouveau, qui te siéra mieux, tu seras Argos, du chien qui a attendu son maître pour mourir. Peut-être y trouveras-tu un exemple pour l’avenir. »

     
Puis ils n’échangèrent plus aucuns mots, le vieux dieu s’étant épuisé jusqu’à ses dernières forces pour sortir cette tirade. Argos le recousu à l’aide d’une longue aiguille de nihil trainant un fil de creaturae d’une finesse incroyable. Puis il tassa son prisonnier dans l’hélicoptère et regarda le dieu s’en aller vers sa nouvelle demeure.

_________________
" The sound of steel and the call of glory heal my soul. My sheer hunger and wrath shall taint the land with fear and devotion as I rise up from the grave and the chaos of battle. I am the soul descendant of the fire and the rage, I was wrought upon the earth born to rule and battle wage ! "

"Je ne me soumettrai pas à une servitude abjecte. Je me vengerai du tort que l'on m'a fait. Si je ne puis inspirer l'amour, je causerai la peur"
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